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La dépollution des sols, le passé industriel des Calanques

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Bruno Saurez

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Bruno Saurez

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Callelongue, actuellement. Un havre de paix. Les Marseillais l'appellent avec affection "le bout du monde" Very Happy


Callelongue au début du XX°siècle, un passé industriel, très polluant, qu'on ne soupçonne pas !





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3 L'escalet, ancien site industriel le Mer 28 Déc 2011 - 18:55

Bruno Saurez

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Aujourd'hui petit village en retrait de la route des Goudes, refuge d'un restaurant sans autorisation d'exercer (travaux sans autorisation), hier site industriel de traitement de soufre.
Un lien extrêmement polluant mais on était loin de la ville, tout le monde s'en foutait.....






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4 Au dessus de Saména (vers le Mont rose) le Mer 28 Déc 2011 - 19:08

Bruno Saurez

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A l'intérieur de la terre, des cheminées provenant d'un site voisin de celui de l'escalette est fermé à cause des risques élevés de pollution.






Certaines cheminées sont accessibles car elles montent dans la colline en direction de Marseilleveyre.







Dernière édition par Bruno Saurez le Mar 24 Avr 2012 - 15:00, édité 1 fois


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5 La suite bientôt..... le Mer 28 Déc 2011 - 19:11

Bruno Saurez

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Viendra ensuite Saména et son interdiction d'accès à cause de la présence de plomb sur la crique.

Et la pollution de la route des Goudes, ainsi que peut être un article sur l'usine Legré-Mante.

Ainsi qu'un descriptif plus détaillé sur ce que produisaient toutes ces usines polluantes.



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L'escalette sur la route des Goudes














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Voici le résumé d'un exposé copié à cette adresse :
http://www.marseilleforum.com/forum/23181_20-conference-sur-l-industrialisation-des-calanques-au-19eme.htm


Les Calanques jusque dans les années 1760, étaient essentiellement agro-pastorales.

On date les fours à charbon (distillation) vers 1760/1780.
On les situe dans 2 vallons :
1) Vallon de la Fenêtre ?
2) Vallon des charbonniers : là 3 charbonnières
ainsi que les fours à chaux (1000 donc 250 sites classé)

Vers 1810 : la soude - cendres obtenues par bouillage de salicornes de mer
(La potasse autre méthode)
Ici est fait référence au procédé Leblanc révolutionnaire : la chimie avec l'acide sulfurique sur du sel de mer produit de la soude de mer qui donne acide chlorydrique=dégâts , donc a été imaginées et conçues pour les rejets, des cheminées verticales qui par effet mécanique n'échappent que le gaz carbonique (soudière de Callelongue, de Samena).
Cette partie de l'exposé était vraiment technique et je finissais par m'y perdre entre procédés Leblanc, Solvay, carbone de sodium=sel neutre et autres réactions chimiques qui ont fait que telles ou telles usines produisaient, qui de la soude, qui du plomb.....etc)

Vers 1820/30 : l'industrie du plomb : (invention des tuyaux sans soudure)
- Usine au Rouet de la famille "Figuérois"- ( industrie du plomb et de l'argent) , l'usine déménage vers 1830/40 aux Goudes (pour ne produire que du plomb) avec utilisation des cheminées rampantes à action mécanique , comme la soude.
- Usine à l'Escalette
- Madrague de Montredon - famille Legré-Mante

Le fer :
- Usine à Cassis - au Bestouan de 1850/55 pendant 20 ans.
A proximité de l'usine à fer se trouve un four à chaux , pouvait-il servir pour l'usine à fer ?

Les scieries : 1848
- vers le Merlan - moulins, minoteries
- Montredon, moulin à marbre
- Marbrerie du Cabot (le Redon)
- Valmante

Aux Goudes : raffinerie de souffre
(ne reste de cette usine que le toit du hangar de la raffinerie qui sert de toit à l'église Ste Lucie)

Montredon-La Madrague :
- 1880 - Usine de verrerie Verminck (fabrique de Dames-jeannes "bonbonnes"), + cité ouvrière
- 1887 - Usine Mante (tartrique, crème de tartre.....)

A noter qu'au Vallon de Lun, il y a eu une raffinerie de pétrôle. (vite disparue)

Carrières :
- à Font de Voyre (poche d'acide)
- à Callelongue
- à la pointe Cacaou (cacau désigne une noix)
- trémies des carrières de Port-Miou (1908) En 1910, la 1° manisfestation contre l'extension de la carrière de Solvay
- à Vaufrèges (chaux hydraulique)

Fours à Chaux :
- Vaufrèges (couche grappier)
- La Panouse (double four)
- Saména
- Madrague Montredon (Legré Mante)

Autres activités :
- Usine à Septème de traitement de la résine (Pins surlés)
- Montredon - Chocolaterie Galland (vers fortin)

L'industrialisation dans les calanques s'est toujours située dans les zones en partie littorale pour en facilité l'évacuation par bateau et sur l'axe routier, Vaufrège, Luminy mais le coeur même des calanques a toujours été préservé.......



Explications de quelques détails :


Sur les techniques "artisanales" (avant 1800) et sur les fours à chaux que l'on rencontre souvent dans les collines, il y en aurait environ 250 référencés dans la zone des Calanques (de Marseille à Cassis et zone gineste).

Pour le charbon ce n'est pas de la distillation, mais de la fabrique de charbon de bois avec des charbonnières: les buches sont déposés autour d'un mat, puis brulées, le feu est étouffé.

La soude: au départ c'est une soude (carbonate de calcium) d'origine "végétale" fabriquée avec des plantes importées (espagne) mais qui coutent trés chers et de plus Napoléon 1er met en place le blocus continental après envahissement et guerre espagne, donc un concours est lancé pour trouver une solution chimique: c'est le procédé Leblanc qui l'emporte. Il consiste effectivement à faire réagir de l'acide sulfurique sur du sel ce qui donne du carbonate de sodium.
l'inconvénient est cette émanation d'acide chlorydrique, les usines construisent donc des cheminées certes légèrement verticales mais avant tout rampantes et avec des chicanes, car il faut absolument que l'acide puisse se déposer au maximum sur les parois, et comme ce sont des parois en pierres calcaires sur un sol calcaire, revoyez vos leçons de chimie de CM2: acide + calcaire = réaction. seul du gaz carbonique s'échappe alors de ces cheminées en final.
Ces cheminées seront ensuite utilisées suivant le même principe pour le plomb qui est laminé-moulé (pas fabriqué) dans les usines de l'Escalette. famille FIGUEROAS. On en profite pour récupérer l'argent contenu dans le plombs (en moyenne 15kg par tonne).

Les scieries (en l'occurence de marbre): leur arrivé coïncide avec l'arrivée de l'eau par le canal de Marseille: on fait tourner les scies et machines outils à la force de l'eau, sauf en été, où l'eau manque, donc là on revient aux moteurs.

Les sablières des calanques (source les Calancoeurs): Souvent on ne cite que marseilleveyre et riou, et un peu de montredon (sur site du stade actuel), mais il faut expliquer les différences entre sables détritiques de marseilleveyre et de Riou, et sable marin de montredon; Ainsi il existait de trés importantes sablières dans le vallon de l'Arenas et du vallon de la Jarre (coté Cayolle et Roy d'espagne), nous recherchons encore des infos plus précises (cartes postales, photos anciennes, témoignages...)

La situation des usines: effectivement on a parlé beaucoup d'exportation des productions par voie de mer, mais il est passé sous silence l'importance de la ligne d'Octroi dans les choix d'implantation de ces usines, et pas simplement l'éloignement pour raisons de pollution. En effet, tout ce qui passait par cette ligne depuis 1800 (donc depuis ou vers marseille-ville) devait subir un impôt , et donc en étant hors cette ligne et en exportant on ne franchissait pas la ligne d'octroi donc pas d'impôt (on parlerai de zone franche aujourd'hui !); Cet octroi a perduré jusqu'en 1949.
Les usines se sont implantées toutes après 1800, donc...les chefs d'entreprise choisissaient aussi les endroits plus favorables ...fiscalement (rien n'a changé !)
Si la raison de ces emplacements n'avait été que celle de la pollution, ces usines se seraient plutôt implantés là où un accès par voie ferrée était plus adapté à leurs transports de marchandises et matières premières, ce qui était loin, trés loin (au propre et au figuré) d'être le cas dans ces zones des calanques ! et y compris l'eau du canal en bout de course (Montredon) qu'en 1854...


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je trouve que ces friches industrielles ont beaucoup de charme, une réhabilitation pourrait accueillir une maison du parc et valoriserait le site.

Bruno Saurez

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helios a écrit:je trouve que ces friches industrielles ont beaucoup de charme, une réhabilitation pourrait accueillir une maison du parc et valoriserait le site.

Oui certains y ont déjà pensé mais il semble que les habitants (de l'Escalette) s'y soient opposés. De plus, le site ne sera jamais dépollué d'ici l'année prochaine, ça prendrait trop de temps. La maison du Parc devrait être mise en place d'ici janvier, enfin, normalement....


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il y a eu des diplomes de fin d'étude en architecture sur ces friches industrielles, je me souviens en avoir lu au moins une à Luminy. il doit exister pas mal de recherches menées par des labo d'architecture comme INAMA , ainsi que des publications sur le passé industriel de Marseille.

Bruno Saurez

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helios a écrit:il y a eu des diplomes de fin d'étude en architecture sur ces friches industrielles, je me souviens en avoir lu au moins une à Luminy. il doit exister pas mal de recherches menées par des labo d'architecture comme INAMA , ainsi que des publications sur le passé industriel de Marseille.

A propos de ce passé industriel, je ne cherche pas trop à rentrer dans les détails. Ce que je voudrais surtout savoir si l'usine Legré-Mante a un lien de parenté avec l'Abbé Urbain Legré. Si tu peux m'aider...


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là, c'est hors de mes compétences!! la généalogie, pas mon truc.
peut -être une recherche sur le net ou dans les actes civils.

marc (de Salon)

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Bonjour à tous,
Intéressante initiative que de mettre en ligne cet historique méconnu du passé industriel de Marseille. L'éloignement des Calanques du centre ville de l'époque explique ce choix de sacrifier ce bout de côte. La protection ne suffira pas à supprimer la pollution. Y'a t-il une réelle volonté politique d'aller vers ça ? Le parc national peut-il être un nmoteur de ce nettoyage indispensable ? Permettez-moi d'en douter vu le coût induit d'un tel chantier. Tout ça est bien peu rassurant et incite en attendant à boycoter ce restaurant.
Voici ma petite contribution avec cette photo du site en question et de l'étonnant petit port de l'Escalette. Dans cet article, on trouve un lien à un rapport un peu ancien (2003)sur des résultats d'analyse de poussières dans le secteur.
http://www.lakko.fr/escalette.html
Marc

Bruno Saurez

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marc (de Salon) a écrit:Bonjour à tous,
Intéressante initiative que de mettre en ligne cet historique méconnu du passé industriel de Marseille. L'éloignement des Calanques du centre ville de l'époque explique ce choix de sacrifier ce bout de côte. La protection ne suffira pas à supprimer la pollution. Y'a t-il une réelle volonté politique d'aller vers ça ? Le parc national peut-il être un nmoteur de ce nettoyage indispensable ? Permettez-moi d'en douter vu le coût induit d'un tel chantier. Tout ça est bien peu rassurant et incite en attendant à boycoter ce restaurant.
Voici ma petite contribution avec cette photo du site en question et de l'étonnant petit port de l'Escalette. Dans cet article, on trouve un lien à un rapport un peu ancien (2003)sur des résultats d'analyse de poussières dans le secteur.
http://www.lakko.fr/escalette.html
Marc

Merci pour le lien Marc, je joins l'article et le lien du pdf sur cette étude



http://www.atmopaca.org/files/et/Escalette_0401.pdf


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Bruno SAUREZ

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15 Le passé industriel de la Barasse le Mer 1 Aoû 2012 - 14:16

Bruno Saurez

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Pour info, une partie des collines de la Barasse est en coeur du Parc national des Calanques.









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Petit reportage de 3mn40


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Christian-calanques

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Bonjour Bruno et tt le monde.

L'information sur le passé (et passif) industriel des calanques entre la Pointe-Rouge et Callelongue, et la forte pollution résiduelle, est très utile et intéressante.
En effet, les naturistes ne sont pas, en principe, de simples consommateurs hédonistes d'un coin de Nature qui se désintéressent de ce qui s'y passe.

Les très gros talus formés de déchets industriels ont été complètement négligés par les autorités jusqu'à récemment, malgré l'écoulement vers la mer, à chaque pluie, de fragments détachés par le ruissellement.
L'intervention s'est limitée à la pose de panneaux municipaux d'interdiction de baignade au point le plus pollué, à proximité de l'Escalette.
Ces talus, la plupart de couleur rouge sombre, parfois noirâtres, vous les apercevez en bordure des parkings et segments de route qui les recouvrent partiellement.

Au-delà du pied de l'ancien sémaphore de Callelongue, en allant vers l'est, le littoral n'est pas pollué, excepté dans la zone du Grand Emissaire de Cortiou.


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(Christian 13 dans les débuts du forum)

Bruno Saurez

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Voilà une action que j'attendais, un signe fort de la part du Parc National avec l'appui des autorités locales.





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Bruno SAUREZ

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Jean Luc

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Mais 2 ou 3 millions d'€ pour traiter toute la bande littorale concernée, ça me semble peu.
Enfin, c'est quand même un bon début !


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Jean-Luc

Christian-calanques

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Jean Luc a écrit:Mais 2 ou 3 millions d'€ pour traiter toute la bande littorale concernée, ça me semble peu.
Enfin, c'est quand même un bon début !

Bonjour tt le monde.

En effet, au tarif des engins de chantier et des évacuations, ou du béton à couler pour confiner le très gros volume de polluants, l'opération coûtera probablement plus cher que la somme allouée.
Mais le plus urgent pourra probablement être fait.
Et le label Parc National des Calanques va être de plus en plus utile pour booster l'opération.

Il est scandaleux que les municipalités successives s'en soient désintéressées pendant une si longue période.
Car il y a longtemps que la toxicité des métaux lourds et polluants divers contenus dans ces déchets industriels est connue.


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(Christian 13 dans les débuts du forum)

Christian-calanques

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Bonjour tt le monde.

J’ai représenté l’ANP et Bruno à la réunion signalée ci-dessus.
Il s’agit de l’un des premiers effets très bénéfiques du Parc National des Calanques : ce label prestigieux de plus en plus médiatisé et connu, a mis en exergue l’incongruité des gros vestiges d’un pollution industrielle abandonnée au bord de la mer depuis plus d’un siècle, et dont aucune autorité, aucune personnalité ne se souciait vraiment jusqu’à l’apparition du projet de Parc National.

 -> Recueil d’infos qui ne peuvent laisser indifférents les naturistes
 -> Occasion de contacts fructueux :
• j’ai remis à l’accueil un brève notice sur l’ANP, bien reçue
• salué de la part de Bruno Benjamin Durand, directeur par intérim du Parc National des Calanques, contact chaleureux
• entretien très cordial avec Claude Vallette, conseiller municipal UMP, intéressé par le projet « Sentier Dr Poucel »
• idem avec Bernard Hamel (Club Alpin) à qui je vais envoyer le projet.
• conversations informelles avec 4 militants associatifs : trois se sont déclarés clairement favorables au naturisme dans les calanques, une dame n’a rien dit mais fait une grimace très hostile (75% de positif dans cet échantillon issu du hasard, c’est encourageant).

Personnalités politiques : vu la couleur de la mairie centrale de Marseille, et celle de la mairie des 6e-8e arrondissements, la prédominance UMP était inévitable, mais nous pouvons nous adresser à eux en leur qualité d’élus sans pour autant faire allégeance partisane :
M. Dominique Tian, maire UMP des 6e-8e arrondissements - M. Claude Vallette, conseiller municipal UMP - M. Richard Miron, conseiller départemental UMP - trois ou quatre autres personnalités du même bord - Mme Marie-Françoise Palloix, conseillère départementale Front de Gauche à qui je n’ai pas pu parler du « Sentier du Dr Poucel ».

Autorités et organismes :
• le représentant du Préfet
• le Directeur du Parc National des Calanques
• une dirigeante de la DREAL (Dir Rég Environnement Aménagement Logement) qui pilote l’ensemble de l’opération
• un dirigeant de l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie), qui sera le maître d’oeuvre des travaux de dépollution.
• divers

Associations : les Comités d’Intérêt de Quartier, le Club Alpin, etc. (la liste n’a pas été communiquée)

Principales infos se dégageant des interventions :

• Les anciens propriétaires, pollueurs, sont introuvables, c’est le contribuable qui paiera le chantier
• Les travaux débuteront en 2015
• En plusieurs points de prélèvement, la toxicité des déchets est très supérieure à la limite légale
• En mer, à l’aplomb des talus de déchets que les pluies font écouler vers la mer, les coquillages sont lourdement pollués par le plomb et l’arsenic Il sera impossible de dépolluer les fonds.
• Avec le temps et l’érosion, les habitants de l’Escalette, des Goudes et de Callelongue seront de plus en plus exposés aux polluants.
• Les baigneurs et promeneurs sont moins exposés que les résidents, mais l’atteinte n’est pas nulle.


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(Christian 13 dans les débuts du forum)

FredS

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Bonjour à tous

Je vais suivre ceci avec intérêt.

Deux choses me font peur.

1) L'accès va certainement être fermé ("principe de précaution") donc en gros plus question d'aller se promener ou se baigner le long de la route des Goudes. C'est malheureusement le moyen le plus économique pour "traiter" ce genre de pollution, on en interdit l'accès et on fini par oublier qu'il y a de la pollution.

2) Décapage total et complet de ce qui est pollué en l’occurrence ici : tout jusqu'à la roche comme il a été fait au-dessus de l'Estaque. Et là, personnellement, je me demande si dans un sens, le remède n'est pas pire que le mal. Plus de sol = plus de végétation etc... Il est vrai que dépolluer des métaux lourds comme c'est le cas ici n'est pas chose simple techniquement et financièrement. La plus efficace rapport/qualité/prix/durée est effectivement pour ce type de pollution le décapage avec traitement des terres polluées dans des centres spécialisés. Mais même dans ce cas de figure, je suis d'accord avec Jean-Luc, 2M d'€, ça me parait très (trop) peu.


Attention, je suis bien d'accord pour dire qu'il faut dépolluer (de par mon éducation, mes convictions et mon métier) par contre attention de bien surveiller ce qui va être entrepris.

Dossier à suivre donc.


Fred


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Et il y a toujours mon blog... jaiencorerevedailes

Bruno Saurez

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http://www.laprovence.com/article/actualites/2353640/plomb-arsenic-letat-se-donne-4-ans-pour-depolluer-la-cote-marseillaise.html



Ces déchets laissés dans nos sols, nos fonds marins, sur nos plages, ce que Cyril Gombert, vice-président du Parc national des calanques appelle une "dette écologique", longtemps, Marseille n'a pas voulu la payer.

Ce 8e arrondissement de carte postale était pourtant, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un vrai "coeur industriel" qui comptait alors une dizaine d'usines, des centaines d'ouvriers : soude, chaux, raffinage de soufre, les usines ont fermé, les pollueurs ont disparu dans la nature, mais la pollution, elle, y est restée.

Lorsqu'en 2005, l'ancienne Drire diligente pour la première fois un inventaire des scories, 29 ha, soit 12 dépôts principaux et 77 sous-dépôts, sont recensés entre l'Escalette et Callelongue. C'est énorme. Plomb, arsenic sont passés dans les sols, la mer, à tel point que moules et oursins y restent encore inconsommables et la baignade proscrite.

Le risque sanitaire est avéré : on remplace le sable de Saména, on lance une campagne de dépistage du saturnisme auprès des habitants de l'Escalette (las, un seul y participera). On conseille de ne plus manger les légumes du jardin, de veiller à ce que les enfants n'ingèrent pas de terre. Incrédules, les riverains découvrent ce qu'au fond ils savaient sans s'en alarmer : la pollution, ils vivent dedans, depuis toujours.

Et puis... plus rien. On arrache les panneaux interdisant la consommation de coquillages. On se rebaigne à Saména. On randonne sur le crassier de l'Escalette. Marseille remet la tête dans le sable. Un sable plein de plomb. Les années passent.

Mais le Parc national des calanques est créé et vient donner une lumière particulière aux préoccupations environnementales. En mars 2012, le préfet de Région prend enfin un arrêté désignant l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) maître d'ouvrage de la réhabilitation des anciens dépôts de scories.

Pour la première fois, l'État, donc, mais aussi les collectivités locales (Ville, Département, communauté urbaine) s'engagent à consacrer 2 à 3 M€ à la mise en sécurité des anciens sites industriels, entre l'Escalette et Callelongue. Cela peut sembler léger, au regard de l'ampleur de la tâche et aussi des 10 M€ que doit coûter la dépollution de l'ancien site Legré-Mante : "Mais là, c'est le propriétaire qui va l'assurer, indique Patrick Winder à la Dréal Paca, et dans la perspective d'y réaliser un programme immobilier. Les contraintes ne sont pas les mêmes."

L'État, lui, ne veut rien construire. Juste protéger et c'est déjà beaucoup : hier soir à la Maison des sports de Bonneveine (8e), c'est ce que les partenaires du projet ont exposé au cours d'une réunion de concertation. "Ce projet, il est important de l'expliquer, de dire les choses comme elles sont", prévient Patrick Winder qui sait sans doute que l'assentiment du voisinage sera primordial. "Cela va créer quelques nuisances et interrogations", appuie Dominique Tian, le député maire UMP de secteur, en présence également de Richard Miron, conseiller général UMP, du conseiller général PS René Olmeta ou du directeur du Parc national des calanques, Benjamin Durand.

En charge du dossier à l'Ademe, Caroline Regnault en a exposé l'amorce : "Nous en sommes à la conception, à la phase où nous envisageons les différentes gestions possibles de la pollution. Retrait ou confinement, rien n'est encore décidé."

Avec ses 10 000 m³ de dépôts de plomb, les carneaux encroûtés d'arsenic de ses cheminées et son crassier, l'Escalette sera le "gros morceau" de cette opération incroyablement complexe, quelle que soit l'option choisie. Accès et topographies difficiles, forte fréquentation, protection des ouvriers du chantier et de la population environnante indispensable : le bureau d'études Burgeap, chargé par l'Ademe d'élaborer une méthodologie, a "du pain sur la planche". La phase de conception va s'étaler jusqu'en 2014, avec la création d'un comité au sein duquel deux associations de riverains pourront siéger. Les travaux, eux, seront réalisés entre 2015 et 2016 et dureront huit mois.

Sachant qu'il faudra les stopper l'été et en cas d'intempérie (en raison du risque de dispersion des polluants). "On n'est plus à deux ans près, juge Laurent Neyer, directeur adjoint à la Dréal Paca. On veut faire les choses bien."

175 ans d'activité industrielle ont laissé des traces

La France a été l'un des premiers pays européens à conduire des inventaires des sites pollués d'une façon systématique : son premier inventaire date de 1978. Objectif ? Recenser, "de façon large et systématique", tous les sites industriels abandonnés ou non, susceptibles d'engendrer une pollution de l'environnement, "conserver la mémoire" de ces sites, fournir des "informations utiles aux acteurs de l'urbanisme, du foncier et de la protection de l'environnement".

Cet inventaire s'est accompagné de la création de la base de données nationale Basias. Accessible à tous (http://basias.brgm.fr), elle est une sonde dans l'histoire laborieuse de Marseille : huileries, forges, savonneries, distilleries, usines chimiques, 175 ans d'activité industrielle ont laissé des traces que Basias répertorie.

En cours d'actualisation, il dénombre ainsi pas moins de 2 772 sites, sur lesquels l'activité est le plus souvent éteinte depuis longtemps. La dépollution y est toujours longue, complexe et coûteuse : aux Riaux, elle a ainsi démarré en 1998 et n'est toujours pas achevée.

Actuellement, la remise en état d'un terrain ayant accueilli une installation classée (ICPE) incombe à son dernier exploitant : c'est le principe du "pollueur-payeur". Les choses se compliquent lorsque celui-ci a disparu : qui doit alors payer pour ce site dit "orphelin" ? Les crédits de l'État ou de l'Europe peuvent parfois être sollicités. La future loi Duflot sur l'urbanisme pourrait proposer que le coût de la dépollution puisse aussi être assuré par un aménageur, afin de rendre constructibles des parcelles bloquées par leur pollution.


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Christian-calanques a écrit:Bonjour tt le monde.

J’ai représenté l’ANP et Bruno à la réunion signalée ci-dessus.
Il s’agit de l’un des premiers effets très bénéfiques du Parc National des Calanques : ce label prestigieux de plus en plus médiatisé et connu, a mis en exergue l’incongruité des gros vestiges d’un pollution industrielle abandonnée au bord de la mer depuis plus d’un siècle, et dont aucune autorité, aucune personnalité ne se souciait vraiment jusqu’à l’apparition du projet de Parc National.



Un grand merci de nous avoir représenté, pour avoir encore abordé le sujet sur le sentier Poucel auprès de quelques représentants et pour ce super résumé.

Je ne suis pas un expert sur le sujet comme toi et Fred peuvent l'être. Perso, ce que je sais c'est que les "y a ka/Faut kon" ne pourront plus dire que le Parc ne fait rien contre ces pollutions industrielles. Après 2 ou 3 millions ne sont sûrement pas assez mais c'est une bonne amorce, il était temps en tout cas de s'inquiéter du problème. Si le Parc n'était pas né, je met ma main à couper que cette réunion n'aurait pas eu lieu et que jamais l'aide de l'Etat n'aurait vu le jour.






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FredS

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Bonjour

Juste pour info, j'ai réussi à trouver quelques estimations du coût de la dépollution de la plaine de la Crau (où a peu près tous les acteurs de protection de l'environnement s'accordent à dire que le remède fut pire que le mal).

Plus de 50M d'euros
... 59M selon certaines sources.

Et encore, on a de la chance (ironique je vous rassure), le pétrole et autres dérivés sont souvent reconnaissables à l'odeur ce qui limite les analyses de laboratoire derrière. De plus, il s'agit d'un élément "facilement récupérable" car il ne mélange pas à l'eau ce qui dans certains cas peu autoriser le pompage.

Donc, récupérer des métaux lourds répartis sur plusieurs km² dans un espace protégé pour seulement 2M d'euros ? ...

Soit il va être organisé une petite opération ponctuelle ce qui semble le cas puisque l'article posté par Bruno indique 10000m3... Soit le prix de départ est volontairement bas et au final cela va être un gouffre financier...

Il faut voir aussi qu'à proximité du littoral il y aura (j'espère) des surveillances en mer du risque de pollution. Donc sur coût...

Pour finir dommage que je n'ai pas été au courant plus tôt de cette réunion, je m'y serait bien rendu histoire de mieux apprécier le sujet.


Fred


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Bruno Saurez

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Admin
J'espère que les autorités sont au courant de l'histoire de la plaine de crau....

Fred, si tu le veux, ce serait intéressant de faire un dossier (une page) sur la dépollution de la plaine de Crau, cet avis critique pourrait être envoyer au Parc pour leur donner. Ça pourrait montrer notre intérêt face à la protection de la nature.


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Bruno SAUREZ

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Christian-calanques

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Bonjour tt le monde.

Dépollution route des Goudes et Callelongue : par connaissance du lieu,je suis persuadé que la bonne solution ne sera pas de ramasser les scories au tracto-pelle pour les évacuer par camions, excepté pour deux ou trois petits dépôts.

--> soulèvement de poussières hautement toxiques, volume considérable.

Le mieux sera le confinement complet sous des dalles de béton armé, que l'on pourra masquer ensuite en les recouvrant de terre ou de rochers.

Pour les fonds sous-marins de la bande littorale, ça ne coûtera rien à part quelques analyses de temps en temps, pour la bonne raison que presque partout il sera impossible de racler un sol inégal et partiellement rocheux.
On ne peut rien faire, cette bande marine est polluée pour plusieurs siècles.

(La pollution marine serait faible si les municipalités successives avaient empêché le ruissellement des eaux de pluie d'emporter des scories à la mer. Mais l'indifférence a prévalu tant qu'il n'a pas été question de Parc National).


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(Christian 13 dans les débuts du forum)

FredS

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Bonjour Bruno, Bonjour Christian, bonjour à toutes et tous.

Bruno, je ne suis pas pour faire un papier sur la dépollution de la Plaine de Crau et ce pour plusieurs raisons:
-La Réserve Nationale de Crau où a eu lieu l'accident est gérée par le CEN PACA (ex CEEP pour ceux qui connaissent). Heureusement CEN PACA et Parc travaillent ensembles sur le Parc des Calanques (Réserve de Riou). Les informations ont du passer à un moment ou l'autre.
-Autre raison, je ne suis pas neutre dans cette histoire, je travaille (en fin plutôt j'ai travaillé) dans des bureaux d'étude intervenant sur la dépollution des sols. Certains pourraient y voir une tentative de bureaux d'études privés de faire du forcing pour vendre sa technologie. Autant laisser (pour l'instant du moins) l'ANP en dehors des débats politico-financiers qui auront lieux autour de cette dépollution.
Ayant des réunions avec le Parc d'ici mi juillet, et connaissant ma faculté naturelle a mettre les pieds dans le plat, je ne doute pas que nous arriverons tôt ou tard à discuter de ce problème.

Pour ce qui est de la méthode... Personnellement je vais dire qu'il ne va pas falloir choisir la meilleure méthode mais la moins mauvaise. Chacune (du moins dans les quelques unes que je connaisse) va avoir ses inconvénients et malheureusement très peu d'avantages. La dalle de béton est bien sur le coup mais il faut être sûr qu'il n'y ait plus aucune entrée d'eau sinon tout part à la mer par lixiviation des scories et quid du vieillissement du béton ? Cela va nécessité une surveillance constante donc budget sur du long terme... L'excavation des terres, entraine comme le dit Christian des poussières on décape les sols plus rien ne peut pousser (mais en cherchant plus loin, les plantes ont peut-être aussi assimilées les polluants, il faut donc les évacuer elles aussi je sais pas facile la pollution des sols)...

Enfin bref tout ça pour dire que le problème va être très complexe et que c'est à vous, nous, "usagers" des Calanques (mon dieu que j'aime pas ce terme on dirait que c'est les transports en communs mais c'est un terme qu'on voit souvent) de surveiller ce qui va se faire.

Bonne journée pluvieuse et venteuse à tous.

Fred


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Bruno Saurez

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Admin
http://www.marsactu.fr/environnement/legre-mante-vend-t4-vue-mer-sur-terrain-pollue-31275.html

"Un parc de 7 hectares au coeur des pinèdes, un esprit authentique de "village" de pêcheur, à 5 minutes du Prado et du Vieux-Port", vante le promoteur Océanis sur le site qui présente le projet Cap Marin. 285 logements "hauts de gamme avec vue mer ou calanques". Mais pour les convaincus, aucune date de livraison n'est mentionnée. Et pour cause, puisqu'à l'heure actuelle les anciennes usines de Legré-Mante trônent encore à la Madrague de Montredon, sur le site où doit pousser Océanis.

L'ancien exploitant et propriétaire, la famille Margnat, a cédé le terrain au promoteur pour une somme estimée à 42 millions d'euros par l'élue communiste Marie-Françoise Palloix. A l'époque de la liquidation en 2009, les syndicats de salariés accusaient les propriétaires d'avoir organisé la faillite de l'usine pour mieux vendre ce terrain, idéal pour de la "beach promotion". Problème : changer de destination nécessite une très grosse opération de dépollution des sols.





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Bruno Saurez

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Admin
Les cheminées rampantes de Callelongue.

"Le fond de la calanque dénudée est exclusivement occupé par l’usine Weiss de traitement des produits chimiques (en activité entre 1850 et 1894). Comme l’atteste la présence de deux cheminées dites «rampantes» nettement repérables sur la photographie, ces cheminées en calcaire, rampant à flanc de collines sur des dizaines de mètres, neutralisaient les vapeurs d’acide. Elles furent construites autour des fabriques polluantes à la suite des plaintes des riverains et sont une particularité régionale. Autour de l’usine s’était installée une modeste cité ouvrière. Les bâtiments, toujours existant, ont été récupérés par la suite pour accueillir cabanons et restaurants."


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